Documents d'époque.....

 
 

 

 

 

 

Les poétes du PC OPS......

--Le 04 Juin 87--
NRS 3088 FAPY/DIV
PETITE A LONGUE JAMBES
SURE D'ELLE ET DES SIENS
D'AFRIQUE ELLE NOUS REVIENT
GOREE IL Y EUT ET LES MAMELLES
ENFIN VOICI LA CITADELLE
ET GAIE D'Y REVENIR
SALUT A TOI , LA BELLE , TOUT KEROMAN T'ATTEND
BT
NNNN
  
  
 
 

                                  

 
 

Passager, Médecin et journaliste.........

--Mardi 20 Janvier 1987--

.......Vous souvenez-vous....?????


Un froid glacial, et une brume légère enveloppent les contours de l'étang du Ter à Lorient. De nombreuses silhouettes s'affairent autour d'une masse sombre, d'environ 57 mètres de long. Voilà la dernière image qu'offre le sous-marin PSYCHE avant son appareillage, ce Mardi 20 Janvier 1987. Une mission longue de presque cinq mois, qui doit l'amener en Atlantique sud, jusqu'au début du mois de Juin prochain.
Cela faisait déjà de nombreuses semaines que l'équipage, en entier, préparait cette mission et son bateau. De longues journées de réparation, de vérification et d'essais, mais aussi de préparatifs d'embarquement de matériels et de vivres ont fait défiler le temps bien rapidement, ces dernières semaines. En effet, loin est le port d'attache, quand on navigue au large d'Abidjan, même si le bâtiment de soutien logistique RHONE vous apporte son soutien.
Le marin quitte toujours les siens avec un serrement au cœur. Pourtant, le départ est bien souvent un soulagement, le libérant de cette activité débordante des derniers instants.
Le poste de combat de vérification est achevé. Les amarres sont larguées, et le bâtiment s'arrache à son quai. La place forte de Port-Louis est dépassée. L'Agosta rentre à la base, et un dernier salut est rendu au chef d'escadrille présent à son bord ce jour là en compagnie des maires de Lorient et de Locmiquélic. Il fait plutôt frais à la passerelle, mais l'on est heureux d'adresser un ultime regard sur l'arrière, à la côte qui s'estompe.
La première journée à la mer reste un peu particulière. Chacun se prépare à son nouveau mode de vie. Chacun range son petit coin, bien réduit, mais telle est la vie du sous-marinier. La première soupe permet d'échanger des propos et des anecdotes de sa vie à terre. Mais rapidement, l'activité et l'isolement à la mer créent de nouveaux sujets de discussion.
La première semaine se passe en ZSNF, une patrouille à l'écoute de l'activité maritime de cette large zone d'océan. Dés le premier regard dans le centre opération, le « CO », il est difficile de ne pas être pris par une ambiance d'activité intense et concentrée. Le point central est marqué par la table traçante, où deux opérateurs assistés de l'officier de quart suivent au plus prés la route des navires. Les cloisons sont envahies par d'innombrables manomètres et appareils. L'écoute est le sens principal de ce cétacé aveugle, qu'est un sous-marin. De nombreux hydrophones en sont les oreilles, aidées par un sonar passif. Un opérateur casqué écoute en permanence l'océan, qui est loin d'être ce « monde du silence ». Il tente de repérer au sein des bruits de la mer, le bâtiment de surface ou l'autre sous-marin, qu'il appellera « bruiteur ». Un peu plus loin, un écran circulaire où défilent des traces fluorescentes, c'est l'écran relié au sonar. Un « ping » bien caractéristique ponctue alors cette image. C'est pourquoi, l'opérateur sonar, lui-même casqué reste bien attentif à sa console appréciant le gisement et l'azimut de cette émission. Ainsi, une fois repéré, le bruiteur est analysé à l'oreille, mais aussi par le goniomètre. Sera alors décidée une reprise de vue : « Avant 2 assiette plus 15, silence dans tout le bord ». Le sous-marin remonte des profondeurs. Le périscope d'attaque est hissé, afin de confirmer à la vue la nature du but.
L'opération s'achève souvent par l'enregistrement du bruiteur et la prise de vue du bâtiment, marqué par la mire du périscope.
La deuxième semaine est fortement occupée par des exercices avec des avisos appartenant à la première division des avisos de Cherbourg. Des exercices d'acquisition des déroulent nombreux. Parfois, toujours pour exercice, la sirène du poste de combat rappelle chaque homme à son poste. Le Commandant, l'œil rivé à l'oculaire du périscope d'attaque, donne ses directives, aidé en cela par les données du goniomètre, du GZ, et de la DLT, la Direction de Lancement des Torpilles. La DLT est parée, l'officier missilier entre dans l'ordinateur les différents paramètres du but. « Tube 1, attention pour lancer . Feu » , auquel répond rapidement : « Torpille 1 partie ».
L'activité du sous-marinier à la mer, entre son quart et le poste de propreté reste essentiellement rythmée par les périodes de repos, toujours bien courtes, et les repas. Repas, qui retrouvent dans ce type de vie communautaire, toute leur valeur conviviale. Il reste parfois quelques heures occupées par la lecture, la musique, le visionnement d'un film vidéo ou un tournois de belote.
Après seize jours de navigation, voilà que le rivage Marocain se profile à l'horizon. La première escale de ce long périple est Agadir. Cette ville laisse dans l'histoire, une dramatique trace par le séisme qui la dévasté le 29 Février 1960. Aujourd'hui, elle s'offre à nous
Comme une ville moderne reconstruite à coté de l'ancienne cité dominée par la kasbah.
Midi , le poste de manœuvre est achevé . Le sous-marin est sagement amarré à couple de l'AMYOT D'INVILLE, l'un des trois avisos A69. Un bâtiment vit en permanence, même à quai, et l'équipe de garde reste à bord voyant l'ensemble de ses camarades se dépêcher vers les hôtels. Ils apprécieront la douche, dont ils ont tant rêvé depuis deux semaines. L'eau est si rare à bord d'un sous-marin classique.
La première journée reste traditionnelle avec les visites du Commandant aux différentes autorités locales, ainsi que le coquetéle le soir. Ce coqueléle, organisé sur la plage arrière du LV Le HENAFF, permet un premier contact avec les représentants d'une population accueillante. En effet, dés le lendemain, sous un soleil radieux, les premières excursions permettent d'apprécier l'hospitalité marocaine. La cascade d'Imouzzer, Tafraout, ou l'ancienne ville berbère de Taroudant entourée de ses remparts dorés à larges créneaux, accueillent certains d'entre nous. La visite des souks d'Agadir et surtout de Taroudant nous remplit les yeux des couleurs chatoyantes des étoffes et des épices. L'accueil est toujours chaleureux, le marchandage devient alors un jeu : « Pour le plaisir des yeux »
Mais déjà s'annonce le nouveau départ, destination Dakar. Dix jours de navigation le long des côtes marocaines et mauritaniennes, consacrés à la recherche de renseignements, mais aussi à l'entraînement individuel. Le sous-marin résonne alors de la phrase débutant par : « pour exercice.... », et dont le pouvoir est d'augmenter subitement l'activité à bord.
Voici le premier Dimanche à la mer, avant l'arrivée dans la capitale du Sénégal moderne, qui accueillera, cette année encore une mission OKOUME. Ce jour, il y a une véritable séance de cinéma dans le poste avant. Le projecteur dont l'ampoule grille parfois et dont les bobines souvent patinent, tourne. C'est cela un vrai Dimanche....
Matin blême, mais matin clément, tel est ce début de journée, qui voit le sous-marin PSYCHE embouquer les passes du port de Dakar. Le pilote est là au rendez-vous. Nouveau port, nouvelles manœuvres d'accostage. La PSYCHE est amarrée à couple du RHONE.
Après dix jours consacrés à l'entretien du bâtiment, la PSYCHE retrouvera le large. Plus de trois semaines seront dévolues à des patrouilles, le long de la côte ouest de l'Afrique, mais aussi à des exercices avec l'escadre de l'Atlantique. Finalement, il rejoindra Abidjan avec son nouveau médecin, car la relève s'effectue pour lui à Dakar. Adieu Dakar....

Médecin SEGUY

 

 
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                      "T  O  P    L  A    V  U  E"  ...

 

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